GRATIEN CANDACE (1873-1953)

1940 - Le sabordage de la République à Vichy (10 juillet 1940)

mercredi 27 avril 2005 par Dominique Chathuant
18 h 30, 7 juillet 1940 : à Vichy, avec Flandin (Républicain de gauche, groupe de l’Alliance démocratique, homme fort du centre-droit, munichois notoire) et Mistler (radical, centre-gauche, munichois notoire), Candace fait partie de la délégation qui demande au président Albert Lebrun de se démettre au profit de Pétain :« au nom de l’empire », afin d’éviter une révision de la constitution - Devant l’échec de cette tentative, Candace se rallie à l’idée d’une révision constitutionnelle. 10 juillet 1940 : comme 31 des 35 membres de la Gauche radicale (les quatre autres sont absents), Candace vote les pleins pouvoirs à Pétain au casino de Vichy. Son vote ressemble à celui de la plupart des parlementaires anciens-combattants âgés de plus de soixante ans. Ce vote s’inscrit dans la continuité de l’attitude qu’il a toujours eu vis-à-vis des solutions d’Union sacrée ou d’Union nationale ou lors du vote de pouvoirs exceptionnels. Il a été un partisan de la réforme de l’État et vilipende volontiers ce qu’il nomme depuis longtemps « la politique à la petite semaine ». Autre explication à son vote : il n’est pas dans la culture politique des parlementaires d’admettre que ceux qui sont amenés à présider la Chambre adoptent des prises de position tranchées. Candace est en outre ce qu’on appelle alors un modéré (centriste), un homme de compromis qui se rallie à une motion concurrente faute d’avoir pu faire adopter celle qu’il a soutenu au départ.

A lire dans :

Réf : Dominique Chathuant, « Gratien Candace : une figure de la vie politique française. 2ème partie : un vestige de la Troisième République (1940-1953) », Bulletin de la Société d’histoire de la Guadeloupe, avril 2008, n°149, p. 3-131.

Disponible : Société d’histoire de la Guadeloupe, shg[arobace]wanadoo.fr, SHG, BP 74, 97102 BASSE-TERRE, ISSN 0583-8266, chèque bancaire 15 €, frais de port : 5 €.